M.R.P. ?

     Le Mouvement Respiratoire Primaire (MRP) est un micro-mouvement rythmique, synchrone, qui anime tous les tissus de l’organisme.

Le MRP est perceptible par une main exercée comme un mouvement, pour autant, peut-être serait-il plus avisé de le présenter comme un dynamisme, un flux … Le MRP est rythmique c’est à dire qu’il présente une phase dite «d’inspir» et une phase dite «d’expir». Ce cycle se déroule de 6 à 12 fois par minute.
     Dans l’état de santé, toutes les régions du corps, tous les tissus, ont un mouvement synchrone, ils sont en inspir ensemble puis en expir ensemble etc. Animer signifie «donner la vie» et percevoir le MRP donne l’impression de toucher la Vie, le souffle vital. Le concept est assurément très proche de celui de Vitalité des homéopathes.

La dure-mere entre occiput et sacrum
   De ces concepts, de la mobilité des os du crâne et de la naissance du MRP dans la boîte crânienne, vient l’affirmation que l’articulation centrale pour les ostéopathes est la symphyse sphéno-basilaire, SSB (entre l’os occipital et l’os sphénoïde).
     La dure-mère (méninges) n’ayant d’attaches fortes que sur le pourtour du trou occipital et sur le sacrum, la SSB et le sacrum se trouvent intimement liés. C’est la notion du sacro-crâne qui trouvera de multiples développements en particulier dans la méthode Poyet.

     L’expérience commune est fort éloignée de l’expérience du MRP. Nous avons l’habitude de percevoir le corps comme quelque chose de massif, solide, si ce n’est dur, et immobile lors des temps de repos. La main éduquée perçoit tout autre chose, le corps au repos devient vivant, animé, fluide, souple …

     Pour imager ceci on peut comparer une branche vivante, sur l’arbre, et un manche à balai, morceau de bois mort … L’os lui-même est constitué à plus de 22% d’eau (65% d’eau dans la globalité du corps), les os longs sont toujours vrillés, torsadés, pour mieux amortir les contraintes. A la réception d’un saut par exemple, le fémur s’infléchit, l’os réagit, travaille, vit.

Suture cranienne avec point pivot

     Mais concrètement, qu’est-ce que le MRP ? Au delà de sa concordance avec les oscillations de Traube-Hering-Mayer, quel est le substrat physiologique du MRP ? A notre connaissance il n’y a aujourd’hui que des hypothèses, plus ou moins solides, fondées sur l’anatomie, la physiologie et la biomécanique.

     Le liquide céphalo-rachidien (LCR) est considéré comme l’initiateur du MRP par certains. En effet ce liquide qui baigne le système nerveux central connaît un cycle de sécrétion et réabsorption au niveau des méninges. Pour d’autres, la motilité (1) propre aux cellules nerveuses entraîne des variations rythmiques de volume du système nerveux central. Les 2 concepts peuvent être conjugués dans leur interdépendance.

      Dans tous les cas, la genèse du MRP se trouverait au niveau de la boîte crânienne et se propagerait au reste du corps via le LCR et la lymphe et/ou par les fascias (2).

     Une preuve logique avancée par l’ostéopathie de l’existence du MRP repose sur l’étude des sutures crâniennes. Alors que la médecine conventionnelle considère que ces sutures sont immobiles, leur agencement montre des plans de glissement, des points pivots… qui n’ont de sens que si ils permettent des mouvements… la nature est rarement gratuite dans ses réalisations !

(1)    motilité : c’est le mouvement propre (autonome) des tissus, en opposition à la mobilité du corps sous l’action musculaire.

(2) fascias, ou aponévroses : tissus qui enveloppent en continuité toutes les «loges» de l’organisme, du muscle au groupe musculaire, en passant par les organes (péricarde, péritoine, mésos…)